Aller au contenu principal

SWA organise un partage d’expériences Sud-Sud sur l’EAH en milieu scolaire pendant et après la crise de la COVID-19

Sanitation and Water for All Secretariat
30 Jul 2020

L’eau, l’assainissement et l’hygiène (EAH) dans les écoles sont au cœur des préoccupations des pays partenaires de SWA. Lors de la préparation de la Réunion 2019 des ministres du secteur, il est en effet ressorti des synthèses de pays présentées par les partenaires gouvernementaux que l’EAH en milieu scolaire constitue une des thématiques clés du principe directeur visant à « ne laisser personne de côté », la mauvaise qualité des services EAH dans les établissements (scolaires et de soins de santé, notamment) comptant parmi les principaux facteurs d’inégalités. Plusieurs pays ont ainsi présenté leurs priorités, plans ou engagements en faveur de l’EAH en milieu scolaire, certains d’entre eux comme le Cameroun, la Côte d’Ivoire, l'Éthiopie, la Gambie, la Namibie, le Soudan, le Cambodge et le Népal ayant déjà commencé à travailler sur différents aspects de ce domaine essentiel.

L’approvisionnement en eau et l’hygiène dans les écoles figurant parmi les principales mesures préventives mises en œuvre pour lutter contre la COVID-19, d’autres pays partenaires de SWA ont exprimé le besoin d’en apprendre davantage sur cette thématique de manière à pouvoir déployer à leur tour des projets EAH à grande échelle dans leurs écoles. Conformément à son approche de plus en plus axée sur les pays, telle que la décrit son Cadre stratégique 2020-2030, SWA aide, par le biais de son secrétariat, à identifier, à mobiliser et à fournir un appui ciblé aux pays partenaires dans les domaines qui en ont besoin. Le soutien qu’apporte le partenariat à l’EAH en milieu scolaire s’appuie sur plusieurs éléments, à savoir : la mise en relation avec des organismes d’expertise technique tels que le hub d’hygiène ; l’échange de connaissances Sud-Sud et entre pairs, tiré de l’expérience de pays travaillant sur cette thématique depuis plusieurs années ; des collaborations avec des partenaires multi-pays tels que l’UNICEF ainsi que l’expertise internationale des partenariats existant dans le domaine de l’éducation. 

Répondant à l’expression et à la confirmation de ce besoin, le secrétariat de SWA a organisé le 16 juin dernier un partage d’expériences Sud-Sud entre les pays partenaires. Plus de 25 participants issus de 10 pays et des cinq groupes catégoriels que compte la plateforme mondiale ont ainsi pu enrichir leurs connaissances dans le domaine de l’EAH en milieu scolaire, notamment grâce à l’expérience de plusieurs années dont bénéficie la Côte d’Ivoire, où le « Programme de latrinisation des écoles en milieu rural », qui prévoit la construction, l’entretien et l’utilisation de latrines dans les écoles, ainsi que des campagnes de sensibilisation, constitue un des volets essentiels du programme social du Gouvernement pour la période 2019-2020. Hélène Bragori, Directrice de l’assainissement en milieu rural au sein du Ministère ivoirien de l’assainissement et de la salubrité, a présenté l’évolution, la situation actuelle, les caractéristiques techniques et les projets du programme. 

En introduction, le Mali a également présenté la situation générale de l’EAH en milieu scolaire sur son territoire, qui se révèle représentative de nombreux pays partenaires de SWA. Les graves insuffisances dont souffrent les installations EAH dans les écoles maliennes entraînent des répercussions négatives sur la santé et l’éducation des enfants (le taux de déscolarisation chez les adolescentes est élevé et l’école est souvent le lieu où les enfants attrapent des maladies transmises par l’eau et le manque d’hygiène). Pour remédier à ce problème, une collaboration entre les groupes thématiques (« clusters ») EAH et Éducation a notamment été mise en place afin de définir un paquet minimal pour l’EAH dans les écoles. Toutefois, le Mali présente d’importantes lacunes qui l’empêchent d’atteindre pleinement cet objectif, notamment en termes de : ressources financières, viabilité des services, coordination et harmonisation des interventions conformément aux normes, indicateurs et compréhension communs de l’EAH dans les écoles. 

À la suite des présentations, les participants ont posé une série de questions, et les réponses apportées ainsi que les discussions qui en ont découlé ont permis de recenser certains facteurs clés du succès du programme EAH en milieu scolaire : 

  • Dans un premier temps, les installations EAH (toilettes et dispositif de lavage des mains) étaient considérées comme des ajouts optionnels dans les écoles. Aujourd’hui, elles sont intégrées dans les plans de construction initiaux des nouvelles écoles.
  • Le bon fonctionnement et l’utilisation correcte des latrines dépendent d’un approvisionnement constant en eau et requièrent par conséquent une collaboration entre deux sous-secteurs (de même, les bonnes pratiques en matière d’hygiène dépendent autant des interventions mises en place que de la disponibilité de l’eau). Il est donc essentiel de coopérer avec le ministère responsable des services d’alimentation en eau (ou avec l’instance concernée) afin que l’accès à l’eau dans les écoles figure au rang des priorités. Pour que le programme soit efficace, il convient en outre de prévoir un approvisionnement en eau « hors réseau » au moyen d’infrastructures de stockage locales. 
  • La promotion des bonnes pratiques en matière d’EAH étant par ailleurs tout aussi importante que l’installation et le fonctionnement des services eux-mêmes, une campagne de sensibilisation de grande ampleur a été menée par le biais d’ONG locales spécialement formées à cette fin. Ces activités de plaidoyer, reposant sur des arguments d’actualité tels que la lutte contre le choléra et la COVID-19, sont actuellement étendues aux autres organismes gouvernementaux afin de les sensibiliser à l’importance des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène.
  • Les réticences parfois rencontrées vis-à-vis de l’installation d’équipements EAH et de leur utilisation dans les écoles et les communautés ont été surmontées grâce à des arguments contextuels : d’une part, pour rallier les populations concernées à cette cause, la communication sur le sujet a été axée sur une vision globale ambitieuse (« parvenir à la première génération sans défécation à l’air libre ») ; d’autre part, des discussions approfondies avec les communautés et leurs dirigeants ont permis au programme de formuler des réponses adaptées reposant, par exemple, sur des arguments d’ordre économique (tels que le rapport coût-efficacité de ces mesures) ou sanitaire (le programme permet de lutter contre les maladies transmises par l’eau comme le choléra). 
  • La mise en œuvre réussie du programme EAH en milieu scolaire en Côte d’Ivoire au cours des deux dernières années a ainsi permis au pays de lutter contre la propagation de la COVID-19 en milieu rural, puisque les installations sanitaires et les bonnes pratiques en matière d’hygiène faisaient déjà partie du quotidien.

Ce partage d’expériences Sud-Sud a par ailleurs contribué à faire émerger la nécessité de trois actions/collaborations supplémentaires, à savoir : l’instauration d’un dialogue bilatéral approfondi entre les responsables ivoiriens et malgaches de l’assainissement portant sur les aspects stratégiques de ces installations dans les écoles ; l’organisation d’une discussion technique sur les solutions technologiques d’assainissement déployées dans le cadre du programme mené en Côte d’Ivoire et du projet de fourniture de services d’assainissement conduit dans plusieurs pays en collaboration avec USAID ; la recherche, par le secrétariat de SWA, de nouveaux moyens de soutenir l’évolution du Programme ivoirien de latrinisation des écoles en milieu rural, en particulier le renforcement des données probantes, de manière à étayer les futurs plaidoyers pour la généralisation de l’EAH en milieu scolaire.

 

Rapport: Partage d’expériences Sud-Sud sur l’EAH en milieu scolaire pendant et après la crise de la COVID-19