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COVID-19 : Les partenaires de SWA issus de la société civile plaident en faveur d’une augmentation des financements destinés au secteur de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène.

Sanitation and Water for All Secretariat
22 Jul 2020

La pandémie de COVID-19 a montré qu’un grand nombre de personnes à travers le monde étaient dépourvues de services d’eau, d’assainissement et d’hygiène (EAH), lesquels constituent pourtant la première ligne de défense contre cette maladie. Aussi, en Ouganda, au Malawi et au Bangladesh, les partenaires de SWA issus de la société civile ne ménagent aucun effort pour solliciter auprès des ministères et parlementaires concernés une hausse des fonds et des financements en faveur du secteur EAH.

Grâce au soutien de ses partenaires, le Réseau ougandais d’ONG du secteur de l’eau et de l’assainissement (Uganda Water and Sanitation NGO Network, UWASNET) a notamment créé un mini-documentaire de plaidoyer pour appeler le Ministère des finances, de la planification et du développement économique ainsi que le Parlement ougandais à hisser l’EAH au rang des priorités du budget national. Ce documentaire a été diffusé tous les mardis et jeudis à 21 heures pendant le journal télévisé de la chaîne NBSTV. UWASNET a ensuite organisé un débat d’experts appelant à faire de la problématique de l’EAH une priorité dans le cadre de l’élaboration des programmes et budgets nationaux. Le webinaire, qui comptait des intervenants tels que le Secrétaire permanent, le Ministre de l’eau et de l’environnement et le Président de la Commission budgétaire du Parlement ougandais, a également donné l’occasion aux différents acteurs de définir les aspects de leur demande et de leur soutien aux autres partenaires du secteur. 

Au Malawi, le Réseau Eau, environnement et assainissement (WES Network), un réseau de réseaux d’organisations de la société civile, a présenté une note d’information comportant des recommandations pour le budget national 2020-2021. Parmi les principales recommandations formulées figuraient notamment : 

  • La hausse de la part du budget national allouée à l’EAH pour la faire passer d’une moyenne d’1 % au cours des 3 à 5 dernières années à un seuil minimum de 5 %. Une telle augmentation permettrait de s’aligner sur les estimations des fonds nécessaires au plan d’investissement du secteur de l’eau du Malawi (WSIP) réalisées en 2012, ainsi que sur les projections de l’outil de calcul des coûts des ODD et les multiples engagements et déclarations auxquels a souscrit le Malawi, notamment au titre du partenariat mondial Assainissement et eau pour tous. 
  • L’allocation d’une enveloppe budgétaire dédiée à l’élaboration de lignes directrices institutionnelles exhaustives relatives à l’EAH, de manière à garantir un retour à la normale en toute sécurité après la pandémie de COVID-19.
  • L’intégration de l’EAH dans les financements dédiés à la protection sociale, car les foyers n’ayant pas les moyens d’acheter du savon ne peuvent se protéger contre la COVID-19. Aussi les transferts sociaux en espèces devraient-ils inclure les produits d’hygiène et l’eau comme des éléments essentiels pour lutter contre la pandémie.
  • Dans le cadre de l’allocation des ressources aux programmes, le Malawi devra prioriser et accroître les dépenses en faveur de la prévention des maladies évitables plutôt que celles destinées à leurs soins curatifs.
  • Le pays devra également veiller à ce que le budget national finance durablement les coûts d’exploitation et de maintenance des infrastructures relatives à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène dans les établissements de soins de santé, les centres pour le développement des jeunes enfants, les marchés, les gares routières et les établissements éducatifs.
  • Compte tenu des répercussions de la COVID-19 sur l’économie du Malawi, le budget national défini pour la période 2020-2021 cherchera probablement à financer certaines activités de relance économique. Le cas échéant, la priorité devra être donnée aux infrastructures sociales et économiques qui, d’une part, contribuent à lutter contre les effets de la pandémie, à l’instar des infrastructures relatives à l’EAH, et, d’autre part, ont des effets positifs de grande ampleur démontrés sur l’ensemble de l’économie.  
  • L’hygiène et l’eau salubre constituant la première ligne de défense contre le virus et d’autres maladies hautement contagieuses, les mesures fiscales pour l’exercice 2019-2020 devraient prévoir une suppression de la TVA sur les articles d’hygiène et ceux visant à prévenir les infections tels que le savon, le chlore et les bassines destinées au lavage des mains.   

À la suite de la publication du budget, WESNET a précisé que le Gouvernement du Malawi avait accepté, lors de sa déclaration budgétaire annuelle, que les différentes demandes de suppression de TVA n’ayant pu être mises en œuvre dans le cadre du budget national 2020-2021 soient prises en compte dans les prochains budgets nationaux. Cette décision fait suite aux recommandations du WESNET de supprimer la TVA sur les fournitures et installations EAH, telles que les serviettes hygiéniques et les points d’alimentation en eau. En tant que réseau, nous sommes heureux de cette décision et félicitons le Gouvernement pour ses efforts. Toutefois, il reste encore à faire. La part des financements dédiés à l’EAH, qui s’élève actuellement à 1 % du budget national, est loin d’être suffisante et doit être accrue. Le secteur de l’EAH est l’un des domaines qui, lorsqu’il manque d’attention, peut faire vaciller l’économie. 

Malawi Civil Society

 

Au Bangladesh, les partenaires de SWA issus de la société civile font entendre leur voix dans des débats diffusés à la télévision nationale et réclament une hausse du budget alloué à l’EAH pour l’exercice budgétaire en cours. Mohammad Zobair Hasan, représentant des OSC d’Asie du Sud au sein du Comité directeur de SWA et expert dans le domaine de la budgétisation participative, a expliqué qu’en raison de la pandémie, le Gouvernement bangladais n’avait pu, cette année, tenir de consultations lors de l’élaboration de son budget annuel. Aussi les OSC et les autres parties prenantes essaient-elles d’interpeler et de mobiliser le Gouvernement afin d’obtenir les financements nécessaires au secteur EAH. D’après les résultats de l’enquête publiée récemment par l’International Budget Partnership (IBP), le Bangladesh occupait en 2019 la 36position sur 100 en matière de transparence budgétaire, enregistrant ainsi une progression de 5 rangs par rapport aux résultats de 2017 – un sujet qui a également été abordé par les OSC au cours des débats télévisés en direct. 

Bangladesh